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« Si je savais parler, je ne peindrais pas »
« la peinture c’est d’abord un plaisir, ensuite c'est une communication. Le rapport avec l’humain c’est ce
qui me motive, si je savais parler, je ne peindrais pas… ».
Cet artiste qui a pratiqué les arts plastiques, et en particulier le dessin, dans la région d’Aix-en-Provence,
a déjà fait plusieurs expositions dans le Nord et s’est mis « à l’huile » il y a seulement 2 ans.
Ses contacts amicaux avec Arthur Van Hecke l’ont-ils influencé ? Toujours est-il qu’il peint avec force et rigueur
natures mortes et portraits dont le regard vous accroche et vous fait réfléchir.
(...) A. Van Hecke a dit de lui « c’est un de mes petits-enfants… ».
La Voix du Nord 1991
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"portrait de P" 81X65cm huile sur toile 1990 |
"La terre est ronde et bleue comme une orange"
Tel est le thème, inspiré du poète Paul Eluard, de la fresque murale réalisée
par Eric Dedebant (...) sur un mur de l'école Lamartine, rue Carnot (Bergues 59).
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ERIC DEDEBANT
En ces temps avant-gardistes où les « plasticiens » s’installent, conceptualisent, minimalisent, support-surfacent, ERIC DEDEBANT
fait figure de jeune fossile. Il porte un nom charmant et désuet : Artiste-Peintre.
IL PEINT.
Sur toile, avec des brosses, et de la couleur.
Désuète et charmante sa peinture ? Des visages convulsés, douloureux, torturés. Christs, Maries, Marats…
souffrance et jeûne des Hommes et violence de la peinture. Parce que ses maitres sont RUBENS, BELLINI, DAVID…
Parce que ces visages et ces crucifixions ne sont que prétextes….
Les vides et les pleins, magie de la couleur et des gris colorés, couleur-couleur et couleur-lumière, passages…
Eric DEDEBANT possède cette qualité rare mais majeure pour être PEINTRE : il ne peint pas pour faire des tableaux,
il peint pour apprendre à peindre…
14 Février 91
JC THUILLIER
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"Diptyque christ mort" 60X120cm huile sur toile 1990 |
La signature DEB sur une toile n’est pas nécessaire pour en reconnaître l’auteur.
La matière, la couleur, la trace sont autant d’éléments maîtrisés par l’artiste pour souligner
son authenticité.
Une toile d’Eric Dedebant se lit dans tous les sens après avoir reçu en pleine figure toute l’émotion,
toute la sensibilité qui s’en dégage. Sa peinture est sensorielle, il ne suffit pas de la regarder, on doit la toucher,
la respirer, l’aimer tout simplement.
G. et I.B. 1991
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"paternité" 1986 76,5X56cm huile brou de noix et pierre noir sur bois |
Il est parfois délicat pour un néophyte de juger l’œuvre d’un peintre. Ce qui compte le plus est de ne pas rester indifférent
devant une toile, même si on ne la comprend pas de façon cartésienne ou intellectuelle.
A l’aube du XXIè siècle les hommes communiquent entre eux par radio, par téléphone ou par télévision
les premiers hommes n’avaient pas ces moyens techniques, alors avant de savoir utiliser les signes calligraphiques ils ont peint pour se raconter
aux générations futures, pour exprimer ce qu’ils vivaient, aimaient ou détestaient…
Peinture moyen d’expression du peintre pour permettre au « regardant » de s’exprimer lui-même, de communiquer avec les autres…
Couleurs qu’on apprivoise pour renvoyer à d’autres couleurs intérieures… Travail d’artisan, œuvre d’artiste, comme une porte
ouverte à une communication multiple avec soi, avec les autres. Regards d’un peintre qui ouvre à d’autres regards…
B.C. 1991
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"Etude pour les chevaux de Neptune 1" 62X47cm encre et gouache sur carton 1989 |
De l’érotisme au sacré
Le vaste domaine des anciens abattoirs va-t-il devenir un des endroits les plus « branchés » de Marseille ?
c’est ce que pourrait laisser penser la réalisation de plusieurs happenings au cours des ces trois dernières années.
Avec Eric DEDEBANT, nous sommes invités, au contraire, à la méditation et au silence. Ce jeune artiste, dunkerquois d’adoption,
a rassemblé pour sa première exposition à Marseille, des portraits et des toiles nourries par des motifs religieux
(Pieta, Annonciation….).
Cela à de quoi surprendre si l’on sait que ses recherches précédentes portaient sur le corps féminin, ses courbes et
ses proportions.
Phénomène de conversion ? DEDEBANT avoue que c’est un souci d’ordre pictural qui l’a incité à remettre au goût
du jour ces scènes référentielles de l’art chrétien. Ainsi, nombre de Crucifixions sont traitées par
répartition et évolution des masses de couleurs, rendant abstraite la représentation initiale, effaçant le détail
physionomique à l’intérieur des lignes. Plusieurs fois repris, le « couple » Saint Jean et Marie trouve, sans doute son expression
la plus nuancée dans le tableau 7.
Ce sens aigu du dessin que possède DEDEBANT s’exprime tout particulièrement dans ses portraits qui oscillent entre
réalisme et symbolisme et dont les tonalités ne sont pas sans rappeler l’esthétique décadente d’Egon SCHIELE.
L’inspiration de DEDEBANT marie le narcissisme morbide de l’artiste autrichien au pessimisme augustinien lorsqu’il fige son visage dans
ces « Vanités » où la présence sempiternelle d’un crâne décharné soulignait
l’éphémérité de l’existence humaine.
Au programme également, des miniatures qui mettent en valeur son travail sur la pâte, des gouaches et des fusains au trait
énergique.
Un authentique peintre nous est ici révélé et il faut, en cela, saluer Mesdemoiselles ARLA, LANDES et LYAUTEY,
étudiantes en communication qui sont à l’origine de cette exposition.
Jacques LUCCHESI
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"Obsessionnel" 1988 70X50cm pierre noire et sanguine sur papier
"Erection de la croix 2" 100X100cm huile sur toile 1990 |
Les dessins d'Eric Dedebant
Lui aussi joue avec le réel. Aujourd'hui, le citron. Suit une variation en 21 tableaux
sur le thème, qui constitue un jeu de formes, d'éclairages, de tonalités de couleurs
lavis ou fusain. "Réflection plastique et ludique, nous confie-t-il. Un peu comme l'écriture
automatique, je dessine et ça ce compose, se métamorphose en un enchainement qui peut durer longtemps".
Un exercice de haut vol, à l'inspiration sans cesse renouvelée.
Le Dauphiné libéré 1993
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"2 citrons verts" 70X50cm acrylique sur papier 1993 |
D'où vient la menace?
L'art devrait provoquer des vertiges.
Nous avons parfois l'inpression que l'art doit être seulement beau, lui déniant le pouvoir de faire penser,
pour fuir, juste fuir. Savons nous à quel point nous avons raison dans ces moments-là? la beauté c'est
l'ivresse, jusqu'au malaise.
Souvenez-vous l'ivresse, et imaginez-vous évanoui. Pour l'instant, trop plein de vie. Comment fuir avec
plus de conviction ce qui nous semble insuffisant?
La peinture, elle, resterait au mur, car il n'y a que l'art qui soit solide, et notre orgeuil. Ne pas tomber, ne pas avoir
peur du vertige, éviter le dérangement? Quel drôle d'idée.
Notre intelligence est suffisante, et notre société sponsorisée est bâtie sur un marais.
L'art vous dis-je.
Lorsque la peinture est œuvre d'art, lorsque la légère distorsion du réel s'allie à la grâce
de la vision, le vertige nous prend, notre intelligence glisse, perd pied et tombe - où? - allez savoir.
A l'intérieur de nous-même, dans le secret du silence, là où nous allons rarement pour éviter
les fantômes qui s'y prélassent, peut-être. Etrangement, on prend beaucoup de plaisir à ce drôle
de voyage. Eric connait le chemin. Laissez vous faire, c'est un artiste.
Le silence qui prend corps, c'est l'espace de ses tableaux, juste un peu penchés, juste assez glissants pour nous faire chuter.
Chutez!
La peinture d'Eric n'est pas raisonnable, contrairement aux apparences. Ce sont des natures Mortes, qui prennent leur sujet
dans ce que tous les jours nous croisons, mais après, plus loin, c'est le voyage.
Notre monde, d'abord.
De cette épaisseur qui nous occupe, qui nous rassure, Eric tire le plus de densité possible, et cherche à nous la faire sentir.
La série des petits légumes est pleine de chair, de jus, de présence, de couleur. Regarder longtemps C’est le bouquet,
c’est sentir vibrer la matière, comme dans Composition verte : La couleur ! La nature, vivante !
Un détail pourtant. La transparence.
Elle devrait nous rassurer, la transparence omniprésente de ces objets intimes, elle devrait refléter, révéler, séduire.
Elle déforme.
La minéralité du verre, d’habitude, apaise. Ce sont les fenêtres qui font entrer la lumière, c’est à travers elles que le ciel
se montre, vous voyez toujours un miroir de face… alors qu’ici le verre est inquiétant : derrière lui, la matière a bougé.
Vous, non. Etes-vous sûr d’avoir les pieds sur terre ? Observez longtemps Le Plateau 1 ou Automne, vous constaterez que non.
Vous saviez – par expérience, pardon, - que la dive bouteille vous donne des pensées maritimes, mais avez-vous jamais
été ivre rien qu’en la fixant ? Sans doute pouvez-vous vous y perdre, car où votre regard se pose, sans prise, il glisse.
Petit vous ne pouviez vous empêcher de regarder dans le fond des verres, et ce qu’il y avait derrière vous faisait rire ?
Et c’est par cette fausse transparence que le tableau vous invite à tomber, à laisser à la peinture le soin
de votre conscience pour vous reposer dans les vagues, à la surface de vous-même. Dans le Plateau 2,
un vent déforme la bouteille vers la gauche, la lumière l’attire à droite, et de ces ordres contraires naît
quelque chose d’indéfinissable qui vous soulève trés doucement et vous porte comme un sommeil.
Certains rêvent qu’ils volent. Ils ont de la chance. Nous, il nous faut d’abord chuter. Est-ce la cafetière
qui tombe, ou vous, dans Sans titre- Cent titres ? Il nous faudra admettre que nous sommes bien moins stables que
les objets, plus évaporés, plus inconsistants. Et alors ? ne vit-on pas que de certitudes ? Dans Nature morte sur
tissu africain, seule l’assiette est immobile, et dans le Napperon, l’espace distordu, malin,
vous a déséquilibré pour mieux vous happer. Regardez bien. Hop.
Ca y est, vous volez. Inquiet ? Tant mieux. Admettez n’être pas solide, et pas si terrien que ça.
Seul point d’achoppement : Les premières Jonquilles, fleurs cristallisées dans un noir loir ou,
dans Intimité 1 – Les Pommes, cet être surnaturel, sorte de passeur, qui sait tenir dans le vide
sur la pointe des pieds. Il y a quelqu’un pour vous sauver. Le noir, le vide, vous l’avez appris par cœur,
il y a longtemps déjà, et face à lui, maintenant, vous souriez, et vous pénétrez
dans l’espace mystérieux et bourdonnant de l’immobile nature morte.
Dans l’émotion se concentrent bien des ombres. Vous aurez changé d’univers. C’est le mystère qui
vous portera désormais. La peinture aura ouvert de petites portes sur l’infini qui vous aspire.
S’y précipitent avec vous les fleurs d’Etudes pour le bouquet Vieux Roses, groupe de longs personnages penchés,
solidaires, et figés sur le point de tomber à leur tour quelque part…
Le bouquet qui s’y jette dans Le vase baroque, sur ce bleu profond à perte de vue, atteint ce degré
de tension extrême des grandes décisions, des grands passages, des grands gouffres.
Une porte, au centre du siège de Fin d’été. Vous hésitez
Qu’imaginer derrière la matière ? Quel espace s’y déploie et quelle part de vous-même y gronde ?
Comment nomme-t-on ce qu’il y a de plus fort dans la capacité d’être et d’enfanter, en sept jours, l’inconcevable ?
Dieu, non. Alors ? Trop tard, vous plongez.
C’est la lumière. L’accident, la disparition, l’extase. Le lys
C’est la lumière. Le pain de Jean-Claude
C’est la lumière…
Quelqu’un vous réveille, il fait nuit.
Vous distinguez les objets et les formes de la première Nature morte au pain.
Quelqu’un vous réveille et vous donne le jour, les couleurs, le feu. Vous pensez : Prométhée ? Le Passeur ?
Deuxième Nature morte au pain. Vous avez encore le vertige.
Fatigue…
Nature morte au miroir : Dans le reflet, face au chevalet qui campe sur quatre pattes le souvenir
d’avant la chute ou la puissance de cette création qui vous a touché (qui vous a créé ?!), il n’y a personne.
Que la nature morte, et vous.
D’où vient la menace ?
Walter 2003
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"Le plateau 1" 55X46cm huile sur toile 2003
"Dobel Iou" 2001-2003 50X50cm huile sur toile
"Le napperon" 73X60cm huile sur toile 2002
"Intimité : les pommes" 120X80,5cm huile sur toile 2002
"Nature morte au miroir" 106,5X75cm huile sur toile 2000-2002
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